Le risque des chaussures à talon

Les talons, on les aime un peu, beaucoup, ou pas du tout : il y a les femmes qui ne jurent que par eux, celles qui les évitent et marchent toujours à plat ou presque, et les autres qui les sortent de temps en temps, pour les « grandes » occasions.

Les talons, un atout majeur de séduction :
Pour les inconditionnelles des escarpins/stilettos (hauteur égale ou supérieure à 10 cm centimètres) : les talons mettent en valeur les formes féminines. Ils grandissent, galbent et affinent les jambes, donnent un joli maintien en accentuant la courbure du dos. Mais à quel prix ?

Presque sept femmes sur dix (68 %), selon une enquête BVA/Ginkor de 2010. estiment qu’avoir de jolies jambes est un atout majeur de séduction. C’est bien pourquoi 42 % d’entre elles privilégient les talons hauts à tout autre artifice pour mettre leurs gambettes en valeur.

Pour les autres, ce sont de véritables engins de torture : entre le manque de stabilité et parfois l’allure d’une personne marchant sur des oeufs, sans compter les ampoules et les pieds  douloureux à  la fin de la journée, marcher avec des talons se révèle un exercice plus que périlleux.

Si le fait d’être perchée en permanence sur des escarpins peut engendrer des problèmes de santé, des talons adaptés peuvent se révéler bénéfiques en cas de pathologies spécifiques.

 

Les compensations induites sur le corps :


Les talons poussent le corps vers l’avant. Lorsqu’on marche avec des chaussures hautes, on va donc tenter de compenser cet effet en creusant le dos, avec des répercussions sur le rachis cervico-dorso-lombaire.

La courbure du dos, qui est augmentée avec les talons, peut créer des douleurs de type lombalgies. Si vous souffrez de problèmes au rachis ou d’une sciatique, évitez les talons hauts car ils peuvent aggraver vos problèmes.

Pour pouvoir rester droit lorsqu’on marche avec des talons, la hanche se met en hyperextension, une situation non physiologique pour les personnes souffrant d’un début d’arthrose qui ont tendance à  fléchir la hanche.

Les talons sont à  proscrire en cas d’arthrose du genou car ils imposent une flexion permanente du genou, ce qui entraîne une hyperpression entre la rotule et le fémur.

Avec le temps, le mollet peut se raccourcir par concentration permanente avec à  terme, phénomènes de fibrose du triceps (et notamment du tendon d’Achille), et il devient alors impossible de marcher pieds nus sans douleurs. C’est le cas des femmes âgées qui ont marché toute leur vie avec des talons : elles ne peuvent plus marcher à  plat et sont obligées de porter des talons pour ne pas avoir mal.

Si le pied glisse dans la chaussure, l’appui ne se fait qu’au niveau de l’avant-pied, donc sur une petite surface, occasionnant des douleurs appelées métatarsalgies.

Ces douleurs par hyperpression se traduisent par des échauffements, des brûlures, voire des décharges électriques en cas de névrome de Morton. Les talons peuvent également entraîner des durillons ou des déformations de type hallux valgus.

 

Les talons peuvent être bénéfiques dans certaines pathologies :

Marcher constamment à  plat n’a pas de conséquence néfaste sur le corps : les hommes n’ont jamais de chaussures à  talons et ils ne s’en portent pas plus mal pour autant. Les talons ne sont pas bénéfiques en soi. Néanmoins ils peuvent apporter une réponse à  certains problèmes. Dans ces cas particuliers, les talons doivent avoir une hauteur précise adaptée à  chaque pathologie pour apporter un soulagement.

En marchant avec des talons, notre genou se fléchit par engagement de la rotule dans sa gouttière, ce qui est bénéfique en cas d’instabilité de la rotule chez la jeune fille.
En cas d’arthrose qui enraidit la cheville, les chaussures à  talons sont recommandées car elles permettent de se maintenir sans prendre appui sur la zone douloureuse.
Les talons peuvent être utiles pour celles qui auraient les pieds plats, car leur courbure permet de creuser le pied.
Marcher avec des talons (de hauteur raisonnable) détend l’arrière-pied, ce qui peut permettre de soulager certaines tendinites du talon d’Achille et les aponévrosites plantaires (inflammation de l’aponévrose, qui unit l’avant et l’arrière du pied au niveau de la plante du pied).

Bien choisir ses chaussures à  talons :

Vous pouvez porter des talons hauts mais évitez de le faire quotidiennement (par exemple en soirée). Pour compenser leurs effets néfastes, vous pouvez alterner le port de chaussures à  talons hauts et la marche à  plat.

Il est également recommandé de faire de temps en temps quelques exercices d’étirement du mollet.

Pour cela, asseyez-vous, les jambes tendues devant vous, et tirez vos orteils vers vous. Faites aussi des fentes debout : mettez une jambe devant l’autre et fléchissez la jambe qui se trouve devant, la jambe restée derrière devant être « genou tendu » afin de fléchir la cheville.

Selon la hauteur mais aussi la position et le diamètre du talon, l’instabilité est plus ou moins grande. Les talons aiguilles exacerbent ce problème d’instabilité car ils sont très fins et requièrent une position particulière. Le pied peut être mal tenu, avec pour conséquence un risque d’entorse.

Pour un bon équilibre avant-arrière du pied chez la femme, les chirurgiens orthopédistes recommandent une hauteur de talons de 3 à  4 cm et une largeur supérieure à  2 cm.Vous pouvez opter pour des talons compensés, qui sont très stables. La cambrure de la chaussure doit être adaptée à  celle du pied.

Extrait de l’article de Florence Bozec : Chaussures à  talons : sont-elles bonnes pour notre santé ? et complété par mes soins.